Joséphine Bakhita : témoin d’espérance pour tous, et inspiration dans l’accompagnement de l’immigrant et les projets d’entraide pour lutter contre l’esclavage moderne

1. Un témoin exemplaire de l’espérance pour tous

  • Le parcours de Sainte Joséphine Bakhita a été marqué par de lourdes épreuves, enlevée à sa famille dès l’âge de 9 ans, déracinée de sa famille puis de son pays et réduite en esclavage.
  • Son intercession peut être invoquée pour venir en aide aux personnes victimes d’esclavage ou de mauvais traitement.
  • Pour le Pape François, elle est « un témoin d’espérance pour les nombreuses victimes de l’esclavage» « afin que les chaines de leur prison puissent être brisées… […] et que nous ne tombions pas dans l’indifférence mais que nous nous laissions inviter à la rencontre »
  • Saint Jean-Paul II lors de sa canonisation la désigne comme «une avocate qui nous éclaire sur une émancipation véritable ». Il souligne que ce témoignage inspire « non une acceptation passive mais une détermination ferme pour travailler de manière efficace à libérer les femmes et jeunes filles de l’oppression et de la violence, et de restaurer en elles leur dignité, par l’exercice entier de leurs droits. »

2. Le symbole universel de l’engagement de l’Église contre l’esclavage

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Unis contre la traite d’êtres humains

En 2014, l’Assemblée générale des Nations Unies proclame le 30 juillet la « Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains ».
L’Eglise s’inscrit dans cette lutte, notamment avec le Pape François, qui instaure en 2015 la Journée mondiale de réflexion et de prière contre la traite des personnes, le 8 février. Cette date correspond à la fête de sainte Joséphine Bakhita. Voici la prière d’intercession du Pape lors de l’édition 2018 :

« Sainte Joséphine Bakhita, enfant tu as été vendue comme esclave et tu as dû affronter des difficultés et des souffrances indicibles. Une fois libérée de ton esclavage physique, tu as trouvé la vraie rédemption dans la rencontre avec le Christ et son Église.
Aide ceux qui sont prisonniers de l’esclavage. En leur nom, intercède auprès du Dieu de la miséricorde, afin que les chaînes de leur prison puissent être brisées. Puisse Dieu lui-même libérer tous ceux qui ont été menacés, blessés ou maltraités par la traite et par le trafic d’êtres humains ».

Dans son discours cette même année, le Pape réitère l’engagement de l’Eglise dans la lutte contre ce fléau : « L’Eglise catholique entend intervenir aujourd’hui à chaque phase de la traite des êtres humains».
En 2019, le Vatican présente des orientations pastorales sur la traite des personnes.
De plus en plus leparcours de Sainte Joséphine Bakhita inspire des projets solidaires d’entraide aux personnes dans le besoin.

3. Maison Bakhita du diocèse de Paris : un projet au service des migrants

  • En 2018 le diocèse de Paris a ouvert la Maison Bakhita, lieu d’accueil, de rencontre et de partage pour les personnes migrantes et les personnes bénévoles agissant auprès d’elles.
  • La Maison Bakhita trouve ses racines dans la Parole de Dieu « Si un étranger vient séjourner chez vous dans votre pays, vous ne le maltraiterez pas. […] Vous l’aimerez comme vous-même. » (Lv 33-34 ).

4. Centre d’accueil Bakhita Aux captifs la libération : l’accompagnement des personnes en situation de prostitution

  • Le centre Bakhita de l’association Aux captifs la libération a ouvert en 2016 pour accueillir les personnes rencontrées en maraude dans un lieu convivial, leur donner un repère stable et les aider dans leur insertion professionnelle et socialeen apprenant de nouvelles compétences. Un atelier couture régulier, nommé « atelier Bakhita» leur permet notamment d’apprendre à dessiner des patrons, sélectionner des tissus, utiliser la machine à coudre et créer leurs propres pièces.
  • Une nouvelle fois la figure de Sainte Joséphine Bakhita constitue un témoignage d’espérance et de persévérancepour ces personnes qui désirent suivre un chemin plus lumineux.
  • Patricia, une des jeunes femmes accueillies dans le centre témoigne : « Je me dis que maintenant je ne veux plus me laisser faire. C’est une force, j’ai un futur qui m’attend, je dois me battre ».

5. Les grands acteurs de la lutte contre l’esclavage moderne

Plusieurs grands acteurs mènent un combat acharné contre la traite des êtres humains, qui constitue aujourd’hui le 3e trafic mondial illicite, après les armes et la drogue. Zoom sur deux acteurs clés à l’échelle européenne et nationale :

Le GRETA

  • Créé en 2012, Le GRETA réunit un groupe d’experts de l’Union Européenne sur la lutte contre la traite des êtres humains
  • Son rôle est d’observer et d’analyser les actions entreprises par les Etats signataires de la Convention de Varsovie (qui régit tout transport international, notamment de personnes), afin d’accompagner les politiques publiques européennes.

Le collectif associatif Ensemble contre la traite des êtres humains

  • Lancé en 2007 et coordonné par le Secours Catholique, le collectif regroupe 28 associations engagées de façon directe ou indirecte avec les victimes d’exploitation et de traite sous toutes ses formes, en France ou dans les pays de transit et d’origine de la traite.
  • On y retrouve par exemple le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), la CIMADE, SOS Esclaves, etc.

En 2020, la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains fait le choix de mettre particulièrement à l’honneur les acteurs de la lutte contre l’esclavage, et notamment les travailleurs de première ligne, qui sont les premières à intervenir pour mettre un terme à ce crime.

Pour en savoir plus :

Copyright pour l’image : Icône peinte par Agianna – https://www.deviantart.com/agianna/art/Icon-St-Josephine-Bakhita-518782401

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