Samedi Saint, 11 avril 2020

Chers amis,

Cette année, ce samedi saint que d’habitude nous passons presque sans y penser, ce jour de l’année où jusqu’au soir il nous est impossible de recevoir ensemble la parole du Seigneur et les signes qu’il accomplit, ce jour vide, du silence et de l’absence, s’étale dans le temps.

Samedi saint qui se prolonge : Nous n’entendrons plus sa parole ? Il ne fera plus les signes qui révélaient l’amour du Père ?

Samedi saint qui déjà pour les disciples s’est prolongé, d’abord jusqu’au lendemain soir : « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des juifs, […] » (Jn 20, 19)

Mais encore une semaine de plus pour Thomas : « Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. […], alors que les portes étaient verrouillées, […]. » (Jn 20, 26)

Ils sont confinés ! Certes leur crainte n’est pas la même que la nôtre aujourd’hui, mais ils sont enfermés alors qu’ils ne l’ont pas souhaité.

Sans doute savez-vous combler les vides de ces textes : « Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. » (Jn 20, 19)

« Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. » (Jn 20, 26)

Demain, alors que vous n’aurez pu sortir parce qu’il faut rester chez vous, sans qu’il soit besoin d’ouvrir la porte, Jésus viendra et sera là avec vous, au milieu de vous.

Chaque fois, Jésus les a salués en leur disant : « La paix soit avec vous ! »

Comment la leur a-t-il donnée, cette paix ? « Il souffla sur eux et leur dit : ‘recevez l’Esprit Saint.’ » (Jn 20, 22)

Mais selon Saint-Luc dans les Actes des Apôtres, la patience des apôtres est encore plus longue : c’est bien aussi réunis dans une maison qu’ils vont être « remplis d’Esprit Saint » (Ac 2, 4), mais « le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours » (Ac 2, 1).

Et nous, combien de temps faudra-t-il pour que nous sortions de ce deuil ? Elle est douloureuse mais significative, cette règle actuelle qui veut que seules les obsèques puissent être célébrées dans les églises ouvertes avec quelques fidèles, les plus proches du défunt.

Oui, nous sommes dans le deuil, mais notre peine se changera en joie : « Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, dit Jésus, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. » (Jn 16, 22)

Demain, soyez-en sûr, puisque vous ne pourrez aller vers lui, le Seigneur viendra chez vous ! « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » (Jn 14, 23)

Bonnes fêtes de Pâques à tous !

Marc Vacher, curé