Message à la fin des messes de la Toussaint
31 octobre / 1er novembre 2020

 

Chers amis,

tout d’abord réjouissons-nous d’avoir pu ensemble aujourd’hui célébrer la fête de la Toussaint.

C’était important après cette semaine marquée par l’annonce du deuxième confinement et par l’attentat terrible de Nice. L’eucharistie nous replace toujours dans la miséricorde de Dieu et ainsi nous invite à la confiance et à l’espérance.

Je tiens à vous dire que le premier message de soutien fraternel que j’ai reçu après l’attentat venait du président de la mosquée de Montrouge qui adressait, je le cite, sa « pensée amicale et solidaire à tous les chrétiens de France et de Montrouge en particulier ».

Avec le nouveau confinement, nous allons être privés de tout rassemblement pour quelques temps. Vous le savez en effet, les célébrations et pratiquement toutes les activités paroissiales – à l’exception des obsèques – vont être suspendues pendant plusieurs semaines, comme toutes les activités non professionnelles ou scolaires et non physiquement vitales.

C’est du moins pour le moment ce qui nous est annoncé, car les règles édictées ces jours-ci sont assez changeantes.

Comment allons-nous vivre cela pour ce qui concerne notre foi ? Comment faire de cette nouvelle épreuve quelque chose de fructueux, à défaut d’être heureux ?

Rassurez-vous : je ne vais pas vous donner des consignes supplémentaires !

Je sais que le recours à internet est un vrai secours quand on n’a pas la possibilité de se rencontrer ou de se réunir. Différents groupes, des services, telles la catéchèse ou l’aumônerie, se servent à juste titre d’internet pour maintenir une continuité dans les différentes activités. Et le site paroissial lui aussi va vous faire des propositions pour la prière ou la méditation. Au commentaire quotidien de l’Evangile que nous avions proposé en mars-avril s’ajoutera par exemple un commentaire suivi de l’encyclique Fratelli Tutti que vient de publier le Pape François. Nous y trouverons entre autre un appel pressant à nous engager avec les plus fragiles et les plus pauvres, premières victimes toujours des difficultés du monde.

Je sais aussi que regarder la messe à la télé est, selon l’expression employée par beaucoup d’entre vous, « mieux que rien ». Et que je ne suis pas forcément le mieux placé pour critiquer cet avis, moi qui vais pouvoir continuer à célébrer l’eucharistie chaque jour.

Pourtant. Pourtant le Dieu qui nous parle et nous rejoint dans la vie du monde nous parle et nous rejoint aussi dans le silence, le Dieu qui nous parle et nous rejoint dans les églises nous parle et nous rejoint aussi dans notre foyer. Beaucoup d’entre vous l’ont expérimenté pendant le premier confinement, et je ne peux que vous y inviter avec insistance : faites plus que jamais de votre foyer une église domestique où place est faite à la prière personnelle, et quand c’est possible et si vous avez la chance de ne pas vivre seul, à la prière commune et partagée.

A l’occasion éteignez les écrans et soyez inventifs ! Je suis quasiment sûr que le Seigneur nous préfère balbutiants et tâtonnants dans notre pauvre prière, plutôt que consommateurs spirituels devant un écran.

Quant à nous, prêtres de votre paroisse, nous allons célébrer pour vous chaque jour une ADAP, une assemblée dans l’attente du peuple, une attente je pense aussi impatiente que la vôtre.

Accueillons donc le soutien du Seigneur dans la patience, et surtout dans la confiance et l’espérance jusqu’à l’heureux temps des retrouvailles !

Marc Vacher, curé