Prière du jour – vendredi 15 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Mon commandement, le voici :
Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande.
Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître.
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure.
Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera.
Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Vous aimer les uns les autres 

            Ceux d’entre vous qui lisent l’évangile proposé par la liturgie de l’Eglise jour après jour ont remarqué bien sûr que l’évangile de ce jour est la reprise de la seconde partie de l’évangile de la Saint-Matthias que nous célébrions… hier ! Prenons garde de ne pas dire la même chose que le commentaire d’hier… sans le contredire néanmoins !

            Comment échapper à cette parole de Jésus, à son commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

            Le Festival de Cannes aurait dû avoir lieu cette semaine. Au moment de recevoir la palme d’or, il y a maintenant de nombreuses années, un réalisateur, Maurice Pialat, qui était accueilli par les sifflets d’une partie de la salle avait eu cette phrase : « je ne vous aime pas non plus ». Une provocation, sans doute, mais peut-être avec un poids de vérité plus grand que dans la plupart des protestations d’amour, surtout quand elles sont publiques.

            Parce que l’amour mutuel, ça n’est pas si facile que ça. Peut-être certains qui ont vécu ensemble deux mois de confinement pourraient-ils en témoigner.

            Des commentateurs de l’Evangile de Jean font remarquer que les commandements de Jésus s’adressent à ses proches, à ses apôtres et ses disciples, de sorte qu’il s’agirait d’abord et surtout d’aimer ses amis, « les uns les autres » dans la communauté fraternelle que nous formons, au besoin en marge ou en contradiction avec le (reste du) monde. C’est une lecture possible des écrits de Jean. Aimons-nous entre gens qui partageons les mêmes goûts ou convictions, chacun dans son camp, comme les partisans et les détracteurs de Pialat… Remarquons à nouveau que même ça, s’aimer et se respecter entre soi, entre chrétiens en l’occurrence, comme on dit, c’est pas gagné !

            Mais en plus nous n’avons pas le droit de choisir entre les paroles de Jésus et entre les écrits dont la tradition nous dit qu’ils nous rapportent fidèlement ces paroles. Et il y a le fameux sermon sur la montagne de l’Evangile de Matthieu : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux (…) En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.» (Mt 5, 44-48).

            Comme ce Père céleste qui prend soin du moindre oiseau du ciel, et aime toutes ses créatures. Là, c’est encore moins facile : sortir de ses petites coteries et de son confort habituel pour rencontrer l’autre, avec sa différence et sa nouveauté qui risquent de nous remettre en cause. Accueillir le vin nouveau nous obligera à devenir outres neuves… Peut-être bien que le temps qui vient, qui sera forcément différent, requiert de nous, chrétiens invités à aimer, cette ouverture-là.

Prions

(4e préface de Pâques)

Vraiment, il est juste et bon de te glorifier, Seigneur, en tout temps, mais plus encore en ces jours où le Christ, notre Pâque, a été immolé : en détruisant un monde déchu, il fait une création nouvelle ; et c’est de lui que nous tenons désormais la vie qu’il possède en plénitude. C’est pourquoi le peuple des baptisés, rayonnant de la joie pascale, exulte par toute la terre, tandis que les anges dans le ciel chantent sans fin l’hymne de ta gloire.

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